A la cheville #1

Ca y’est le salon maison et objet est terminé ! Je peux donc enfin consacrer un article à mon petit projet du mois de janvier, dont j’avais posté quelques photos sur Instagram. The Ring. Non pas le film d’horreur, parce que moi ça me fait trop peur, mais la naissance d’une bague en forme de couronne de lauriers.  Tout a commencé en décembre par un texto : « Salut Victoria, je voudrais offrir une bague à ma copine pour nos cinq ans, pourrais tu me conseiller un joaillier ? » Après un temps de réflexion, des discussions avec une copine du CAP, je me lance, « si tu veux, ça sera moi ton joaillier ».

un peu de joaillerie

J’ai hésité, car depuis le mois de juillet, les seules limes que j’ai touchées sont celles en carton, pour me faire de jolies manucures. Et si je n’y arrivais pas ? Et si ça ne lui plaisait pas ? Je n’ai pas tout à fait le matériel adéquat pour ça, et cetera.

Mais le goût du challenge, le premier « vrai » client en dehors des membres de ma famille et la belle occasion pour ressortir mes outils ont fait pencher la balance, je me suis lancée.

Tout d’abord on a discuté de ce qu’il souhaitait pour sa copine; forme, matériau, pierre ou non, tout est passé au crible afin que l’on trouve un terrain d’entente. Après avoir reçu des images de bagues hyper variées, on s’est arrêtés sur un bague feuillue, symétrique (point très important) et en or, dont la couleur serait à définir… Aucune pierre, car pas dans le style de la copine, et que le budget était sûr d’être dépassé.

Un tube de cire et un triboulet achetés plus tard, je m’attelais à la tâche de commencer la maquette.

bague 1

Un morceau de tube en cire découpé et lissé…

L’importante mise à taille, car une bague au petit doigt ne fait pas le même effet…

Me voilà parée pour découper l’anneau, après un tracé au compas.

bague 2

On lime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout.

Pour en arriver là ! Un bel anneau !

Grâce à mon merveilleux compas je peux assurer la symétrie et dessiner au marqueur les futures feuilles. 

A l’aide d’une fraise, comme chez le dentiste, je perce le centre. 

bague 3

Puis c’est parti pour un découpage de haute précision afin de définir les feuilles. Bocfil et scies de moins d’un millimètre d’épaisseur sont requis pour passer entre les petites parties.

On se rapproche un peu plus du but (j’ai les mains gercées vous m’en voyez toute désolée)

Mes feuilles sont terminées, en 3D et il ne me reste plus qu’à fignoler le centre.

Malheureusement pour moi, l’aventure ne s’arrête pas là, car lorsque je réalise la pesée, la bague fait le double du poids convenable pour rentrer dans le budget. Grâce à de savants calculs (merci la terminale S), je peux déterminer le poids d’or et donc le coût à partir du poids de la cire.

C’est donc reparti pour des heures de coups de limes à droite à gauche, de haut en bas, afin de diminuer tout cela. Le problème de la cire, est que plus on l’affine, plus elle devient fragile et facilement cassable. Car pour la travailler, il faut la tenir entre ses doigts et éviter d’exercer une pression trop importante. Evidemment il y a toujours un moment où hyper concentrée, tu sens un petit, si petit crac, et là c’est le drame. Ton sang se glace, tu hurles naaaaaaaan au ralenti dans ta tête et tu réouvre les yeux tout dou-ce-ment afin d’évaluer les dégâts. Fort heureusement c’est juste une brisure à un endroit de l’anneau, donc la réparation est possible, moyennant un fer à souder, de la patience et de la précision.

Je n’ai pas pris de photos de ces accidents réparés, afin de vous épargner les vision d’horreurs. Ou plutôt afin d’oublier ces quelques accidents si frustrants et mangeurs de temps.

bague 4Hello you !

Une fois la bague sur le triboulet elle est toujours à 51, tout va bien.

« Elle est en quoi ta bague ? C’est bizarre c’est vert ».

Oui c’est de la cire, la joaillerie c’est comme la sculpture, on fait une maquette dont on fera ensuite un moule en plâtre. J’envoie donc mon précieux chez le fondeur qui se charge de cette étape, et qui injectera de l’or au point de fusion (1064 °C , si jamais on vous pose la question au trivial pursuit) ce qui chassera la cire du plâtre.

Dans quelques jours je récupérerai la bague et je passerai à l’étape suivante, la reprise du métal. A la sortie de la fonte, c’est pas très beau et surtout très terne un bijou…

Bonne fin de semaine !

IMG_3837Ma cheminée, mon établi…

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4 réflexions sur “A la cheville #1

  1. Alors là je suis impressionnée par ton travail! Je n’avais absolument aucune idée des étapes de la création d’une bague. (Je ne m’étais jamais posée la question d’ailleurs). Quand j’avais vu la photo sur IG j’avais cru que tu sculptais de la pierre hé hé ^^
    Elle a déjà l’air très jolie! J’aime beaucoup la forme ^^ J’ai hâte de voir ton travail fini.

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    • Merci pour ton commentaire ça me fait plaisir 🙂
      Je dois t’avouer ne m’être jamais posée la question non plus avant de faire des recherches sur le métier de joaillier en me réorientant.
      Souvent on me demande si c’est du jade mais non c’est bel et bien de la cire, que l’on peut refondre en cas d’erreur et qui ne coûte pas trop cher, par bonheur !
      J’ai hâte de publier la suite !
      Bonne soirée et bonne dégustation de tartelettes aux pommes 😉

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  2. Pingback: A la cheville #2 | Victoria's Tea Time

  3. Mais que c’est intéressant ! Il faut de l’enthousiasme, de la patience, de bons calculs, de la précision… J’aime beaucoup ta façon de parler de ce projet.
    Bonne journée !

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